20 avril : c’est arrivé près de chez nous
« Ouais, tu sais, quand tu viens de chez les pompiers, tu prends à gauche avant le Leclerc … »
C’est là, dans un lotissement de campagne lambda et à trois cent mètres à vol de mouette de la gendarmerie locale, que l’invraisemblable s’est produit : une famille prise en otage par des malfrats cagoulés pour s’accaparer une forte somme de cryptomonnaies !
Sur cette histoire de prédation visant la spéculation sur de l’argent virtuel, dont je ne comprends rien et ne veux rien savoir, je suis comme la vieille bretonne en coiffe : Biskoazh kemend-all !
1er mai : L’ingénu à Paris
« Nous partîmes de Portsall et, par un prompt renfort … »
Le 1er mai nous étions à Paris pour fêter le vingtième anniversaire de notre fils ; j’ai saisi cette occasion pour mêler au défilé syndical (rejoint place Léon Blum, à mi-chemin de République et Nation) auquel je souhaitais participer dans le contexte de remise en cause de ce jour théoriquement chômé pour les gens qui triment ; l’ambiance était moite et sympathique.
J’ai ensuite pris la tangente pour aller saluer Jospin au cimetière de Montparnasse ; une sorte de pèlerinage (parti de Vincennes quand même!) m’amenant à passer non loin de l’École alsacienne dont j’ai découvert peu après dans un article en ligne l’extrême entre-soi parisien ; je demeure à bientôt 53 ans un ingénu, à l’image du personnage du récit de Voltaire que je fais lire à mes secondes.
10 mai : trop beau Tro Bro
Quelques semaines après les classiques ardennaises qui ont confirmé l’avènement du grand champion que la France du cyclisme attendait depuis 40 ans, avait lieu le Tro Bro Leon.
Magnifique course de terroir, qui poursuit sa progression en termes de notoriété, propulsée par la médiatisation d’ASO – si elle intègre un jour le World Tour, alors des coureurs du calibre de Pogačar ou de Seixas arpenteront peut-être les ribiniou de notre contrée.
En attendant, les équipes UAE et Visma ont envoyé pour la première fois cette année des représentants ; et c’est l’un d’entre eux, un quasi-inconnu italien nommé Fiorelli, qui l’a emporté à la surprise générale.
Quel plaisir en tout cas de les voir prendre sur le port un virage en épingle à cheveu devant le pub pour remonter vers l’église.
24-28 mai : coup de chaud inédit
Communier entre quinquas sur De La Soul dans la nuit moite d’un dimanche à Saint-Brieuc (Art Rock) ; profiter d’un lundi de Pentecôte pour se plonger une première fois dans la mer encore glacée ; se sentir à la limite du malaise dans une salle de classe entre 25 et 30° un mardi matin ; somnoler dans le coin le plus frais du jardin un mercredi en fin d’après-midi en observant le potager cuire dans l’air chaud – en mai, sur la côte nord du Finistère : biskoazh kemend-all (bis)
7 juin : la nouvelle France
10h30, stade de l’Abéric : le vent est tiède pour ici, le ciel s’est éclairci ; accoudé à la main courante sur la butte côté collège, j’observe les gars de l’En Avant Sarnan prendre le dessus aux tirs aux buts sur les minots du Red Star de St-Ouen, plus fluets, en 8e de finale de la première édition du challenge U14 organisée par des membres du GJ Arvor.
17h30, même endroit, mêmes conditions : j’observe les gars de l’US Orléans l’emporter aux tirs aux buts sur les minots du Stade Brestois (mené par un excellent n°9 et capitaine), plus fluets, en finale.
Entre-temps, j’aurai suivi le premier meeting de campagne de Mélenchon sur la place de la mairie de Saint-Denis, devant la basilique, avec d’autant plus d’intérêt que mes deux filles y assistaient, l’une dans le cadre de son métier de journaliste, l’autre par militantisme ; une démonstration populaire très réussie, 26000 personnes enthousiastes, un préambule émouvant d’Annie Ernaux et une punchline qui fait mouche à gauche : « la primaire est finie ».
Ce dimanche, je me suis dit que les deux France, celle des villes et celle des campagnes, que beaucoup tentent à toute force d’opposer, étaient réunies en toute quiétude chez moi, à Portsall – les jeunes du bourg prenant parti pour les Orléanais contre Brest au nom de l’hospitalité en faisant craquer quelques fumis pour l’occasion ; et la victoire des visiteurs étant célébrée par quelques youyous de mamans qui avaient accompagné leurs gamins jusqu’à notre bout du monde.
Le foot, le vrai, populaire et collectif, a bien plus de vertus que de vices.