Sa famille a annoncé sa mort hier soir dans un message émouvant1 : un cancer du pancréas, visiblement diagnostiqué alors qu’il arrivait ici2, a fini par avoir la peau d’Eric Roy, l’emblématique entraîneur du Stade, l’homme par qui l’impensable s’est réalisé.
Liverpool a eu Bill Shankly, nous on a eu Eric Roy.
L’Écossais, qui avait le sens de la formule, a un jour dit ceci :
Some people believe football is a matter of life and death, I am very disappointed with that attitude. I can assure you it is much, much more important than that.
Tellement vrai. Du moins pour ceux qui ont contracté le puissant virus de la passion pour un club de foot.
Ainsi, en cette fin de très belle journée de printemps, je me suis rendu au rassemblement en hommage à Roy organisé devant notre vieux stade Le Blé – peut-être le dernier dans l’élite du football français à faire battre le cœur d’une ville et non pas à animer sa périphérie de zone commerciale.
Nous étions des milliers, hommes et femmes de tous âges, à converger vers ce temple décrépit pour une communion qui devait permettre de surmonter la perte. J’avais revêtu le maillot européen floqué à la gloire du disparu, que m’ont offert mes filles.
Je relaie ici ce que l’aînée a posté hier soir sur un réseau que j’ai déserté, en guise de conclusion qui prouve l’impact qu’ont eu cet homme et son équipe sur nos vies ces dernières années :

- Le texte complet :
« Nous avons la très grande tristesse de vous annoncer le décès de notre papa et mari, Eric Roy. Depuis trois ans et demi, papa se battait contre un cancer du pancréas. Pendant tout ce temps, il a continué à vivre avec une force qui nous impressionne encore, porté par l’amour de sa famille, par le football, par son travail et par cette passion qui ne l’a jamais quitté. Ce qu’il a accompli ces dernières années restera pour nous exceptionnel. Traverser cette épreuve tout en accompagnant un club, une équipe, une histoire aussi forte, dit beaucoup de l’homme qu’il était. Papa était profondément bienveillant, tendre, droit et honnête. Il savait encourager, transmettre, pousser les autres à se dépasser, à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Il avait cette exigence, cette justesse et cette humanité. Il aimait le football d’une manière absolue. Son aventure au Stade Brestois a été l’un des plus beaux moments de sa vie. Elle lui a donné une énergie, une joie, une raison de continuer, y compris dans les moments les plus difficiles. Avec ses joueurs, il avait construit un lien rare et magnifique. Il les aimait très fort, et il était fier, profondément fier, d’être leur coach. Aux supporters brestois, nous voulons dire merci. Votre accueil, votre soutien, votre ferveur et votre amour l’ont profondément touché. Cette force l’a accompagné bien plus que vous ne pouvez l’imaginer. Papa nous a toujours dit que ce chant que vous avez fait, il l’emporterait avec lui. Nous savons l’immense vide qu’il va laisser, mais nous savons aussi l’empreinte magnifique magnifique qu’il laisse derrière lui. Une empreinte faite de passion, de loyauté, de courage, d’exigence, de respect et d’amour du jeu. Il restera pour nous, sa famille, ses amis et tous ceux qui l’ont aimé, une source d’inspiration profonde. » ↩︎ - Une situation confirmée dans cet article de l’Équipe : « Il signe à Brest le 2 janvier, il apprend sa maladie le 3, il avertit ses dirigeants le 4, qui décident de le garder, raconte son vieil ami Olivier Taboué, ancien speaker du stade du Ray. ↩︎


