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Chroniques de Portsall #1

Marguerite Lamour

Je suis encore un newbie dans la contrée, mais je savais que cette dame avait pris le relais d’Alphonse Arzel, dans cette veine politique très ancrée dans le Léon que l’on nommait naguère démocratie chrétienne.
Elle était visiblement appréciée ici, à en juger par les hommages qui ont suivi l’annonce de sa mort et le nombre de personnes qui se sont déplacées pour ses obsèques ce mardi 10 mars.

Le Télégramme m’a appris ceci à son sujet :

En 1972, à l’âge de 16 ans, alors qu’elle s’apprête à passer le bac avec un an d’avance, une grossesse non désirée va changer son destin. Avorter dans l’illégalité n’est pas une option pour l’adolescente élevée dans une famille catholique très religieuse. « Ma mère a dit : un enfant est né, on va l’élever », confiait Marguerite Lamour en 2007 au Télégramme, dans un dossier consacré aux mères ados.
Elle devient alors le mouton noir du village. « À ce moment-là, j’ai compris que dans ma vie, il n’y avait plus de place pour la normalité : soit je devenais un cas social, soit je sortais du rang avec une destinée originale ». Sa pugnacité vient de là. En 1975, celle qui a vécu sa vie entière « avec cette notion de faute à réparer » reprend ses études et obtient trois ans plus tard un CAP de sténodactylo.

De « mouton noir » à icône quasi-sainte du même village, voilà un parcours atypique qui force le respect, dans ce contexte de bondieuserie.

Iran & partie d’échecs

Toujours étonnant – même si l’effet waw a beaucoup perdu de sa vigueur depuis l’épisode covid – de constater comment l’actualité internationale peut « percuter » notre quotidien.
Passons rapidement sur l’augmentation des prix de l’essence, conséquence évidente de la « fureur épique » voulue par Netanyahou et Trump, et qui ne nous fait pas regretter d’avoir opté en fin d’année dernière pour une voiture électrique comme véhicule principal (d’où le choix de l’image mise en exergue pour cet article ; le confort à domicile – grâce à l’énergie nucléaire, certes). Mais l’actualité locale, c’est le renouvellement (ou pas) de nos édiles, et à Brest, je découvre cette image, toujours dans mon journal de référence :

Mitra Hejazipour, championne d’échecs charismatique, et Réza Salami, que j’ai eu l’occasion de côtoyer ces dernières années en sa qualité d’adjoint à la culture, ex-marchand de tapis rue de Siam, tous deux Iraniens en exil ; la première apporte son soutien au second dans sa tentative de détrôner le vieux Cuillandre qui règne sur la ville depuis un quart de siècle.
En l’occurrence je crains que la dispersion des voix de gauche (il y a quatre listes de ce bord politique, sans compter celles qui ne servent à rien) ne conduise à l’échec et ouvre la voie à la droite, incarnée par Stéphane Roudaut.

In my yard

En cette fin de journée printanière, je m’étonnai de la forme oblongue qui dépassait du mur de droite : cône de cheveux – et non pas de dentelles, comme dans le pays bigouden …
C’était la coiffe d’une jeune femme rasta ; elle était justement en train de faire acte de coiffure et de couper la tignasse de notre voisin, responsable d’une entreprise de retraitement d’algues à des fins alimentaires.
Je me suis dit qu’on était bien dans ce quartier.
Un peu plus tard, alors que je venais de boucler notre duo de poules dans leur box, j’ai entendu vibrer un bourdonnement caractéristique et désagréable dans les airs, avant de voir filer un drone vers le sud-est
et je me suis dit que j’allais me procurer une carabine.